À Montréal, Québec, Canada.

Je vieillis assez bien

Février 2001

Bruno a lancé au début de février "Sur scène" son premier disque live, un album double.

Bruno, êtes-vous un maniaque d'ordinateurs et d'Internet? Pas tellement, non. Je n'en ai pas le temps. Mon fils y consacre beaucoup plus d'heures que je ne le fais.

Qu"est-ce que votre fils vous a dit à propos de votre nouvel album, particulièrement au sujet des fichiers multimédia? Il le trouve super-beau et il tripe au boutte! Il m'a dit "T'es cool, papa"

La quarantaine approche à grand pas. Comment l'accueillez-vous? Je vis ça très bien... pour l'instant (rires) Je franchirai ce cap dans un an et demie. d'ailleurs, l'album "Sur scène" marque pour moi la fin d'un cycle, celui de mes premières années de carrières "médiatisée" passées sous les projecteurs. Dorénavant, je compte travailler à d'autres projets et gérer ma carrière différemment. 

C'est-à-dire? Les trois ou quatre dernières années ont été très difficiles, parce que très exigeantes. Comme j'aime mon métier, il est clair que je vais continuer. Mais de quelle façon? Voilà la question.

L'approche de la quarantaine suscite-t-elle également chez vous une réflexion sur le plan personnel? Pour moi, la réflexion ne s'est jamais arrêtée. Mais, en ce qui concerne ma vie intérieure, je considère que je vieillis assez bien. Je souffrais beaucoup plus d'insécurité quand j'avais 20 ans que maintenant. À l'époque, je me demandais ce que je ferais de ma vie. Aujourd'hui, même si je doute constamment, la vie m'apparaît moins folle, moins elle me fait moins peur. Je suis beaucoup plus serein. En plus, j'ai la chance de gagner ma vie grâce à ma voix, de partager plein d'expériences et d'être entouré de belles personnes. C'est un privilège extraordinaire. Alors, à ma façon, je suis reconnaissant et j'essaie de ne pas oublier mes origines.

D'où venez-vous? (Rires) Je viens d'un milieu où on ne m'a rien donné facilement. Il a fallu que je travaille. Même si j'ai atteint un certain niveau, je ne tiens rien pour acquis. Puis, comme la vie a été bonne pour moi, je cherche à m'impliquer auprès des autres.

Vous avez un petit coté missionnaire...(Sourire) C'est exact. Comme le dirait mon gérant, j'ai tendance à me faire le défenseur de la veuve et de l'orphelin. (Sourire)

Que voulez-vous accomplir au cours des prochaines années en tant qu'artiste et en tant qu'être humain? Je tends vers l'équilibre. Pendant le premier cycle d'une carrière, c'est difficile de le trouver. C'est l'époque de la quête, que l'on mène à travers un énorme brouhaha, des essais et des erreurs. Alors, j'espère que, plus j'avancerai dans mon métier, plus je sentirai cet équilibre. Les gens demandent beaucoup. Je donne énormément, mais je dois parvenir à ne pas m'oublier.

Il y a une quiétude dans vos yeux qui n'y était pas auparavant. Oui, il y a une nouvelle étincelle. Je me sens bien ces temps-ci. Je suis revenu au Québec et j'y serai un bon moment au cours de la prochaine année, sur le plan psychologique, ça aide énormément. Je serai plus près des gens.

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